Deux jours au nord, quatre au sud, vingt-trois étapes. C’est le circuit sud de quatre jours avec Carthage, Sidi Bou Saïd, la médina de Tunis, Dougga, Testour et Bulla Regia posés devant — d’où un sud aussi complet ici que sur les circuits plus longs.
Le nord se fait d’abord, et vite : trois sites autour de Tunis le premier jour, trois dans les collines de l’ouest le deuxième. À partir du troisième, cela devient le circuit sud proprement dit et le rythme change — routes plus longues, paysages plus grands, moins d’arrêts par jour.
La moitié sud étant commune avec le circuit de quatre jours, rien n’en a été retranché pour faire tenir le nord. Les deux moitiés sont simplement empilées.
Grand Tunis
Rome a détruit Carthage en 146 av. J.-C., puis l’a rebâtie un siècle plus tard comme capitale de sa province d’Afrique : on marche donc dans deux villes superposées sur un même site. Les thermes d’Antonin sont posés sur le rivage — les colonnes encore debout donnent l’échelle d’un établissement qui servait une ville de plusieurs centaines de milliers d’habitants. Sur la colline de Byrsa, les fondations puniques et la vue qui explique pourquoi on a bâti ici : le golfe de Tunis d’un côté, la lagune de l’autre. Le port circulaire des galères n’est plus qu’un bassin tranquille au milieu d’une rue résidentielle — une fin qui a son éloquence.
Grand Tunis
Un village de murs blancs et de portes bleues sur la falaise au-dessus du golfe de Tunis, à vingt minutes de Carthage, que l’on visite généralement avec elle. La règle du bleu et blanc n’est pas un folklore inventé pour les visiteurs : elle a été imposée au début du XXe siècle et tenue depuis. Venez tôt ou tard si possible — la rue principale est étroite et se remplit. La montée jusqu’au sommet vaut la peine pour la vue sur la baie, et ce sont les portes cloutées qu’il faut regarder de près : il n’y en a pas deux pareilles.
Grand Tunis
Une médina qui travaille, pas une médina sous cloche : environ sept cents monuments à l’intérieur, et des boutiques qui commercent encore au lieu de figurer. La mosquée Zitouna en est l’ancre, et les souks autour restent groupés par métier — le parfum dans une ruelle, les chéchias dans une autre, l’or dans une troisième. L’endroit récompense celui qui accepte de perdre un peu le fil. Si vous n’avez qu’une heure, le tronçon entre Bab Bhar et la Zitouna est le plus dense, et les terrasses au-dessus des magasins de tapis donnent la médina vue d’en haut.
Béja
La ville romaine la mieux conservée d’Afrique du Nord, et de loin. Une ville entière plutôt qu’un monument : le Capitole debout presque à pleine hauteur, un théâtre taillé dans la pente qui assoit encore trois mille personnes, des rues, des latrines, un lupanar, un marché, des citernes. Le mausolée libyco-punique, en contrebas, est plus ancien que la ville romaine qui l’entoure — l’un des rares morceaux d’architecture numide qui subsistent. Le site est seul au milieu des champs : le paysage n’a pas été bâti.
Béja
Fondée au XVIIe siècle par des musulmans andalous chassés d’Espagne, et cela se voit encore : le plan des rues, le minaret carrelé et la brique relèvent d’une autre tradition que les villes voisines. L’horloge du minaret tourne à l’envers — le détail que tout le monde répète, et qui est authentique. Une halte brève sur la route de Dougga plutôt qu’une destination en soi.
Jendouba
Les Romains ont fait ici ce qu’ils n’ont fait presque nulle part ailleurs : construire les pièces à vivre sous terre. Les étés de cette vallée sont écrasants, alors les villas ont un étage entier en sous-sol — et parce que ces pièces étaient enterrées, elles ont survécu. On y descend, et les mosaïques sont encore là où on les a posées : celle d’Amphitrite, en particulier, dans la pièce pour laquelle elle a été faite, pas derrière une vitre de musée. Peu de visiteurs viennent jusqu’ici ; on a souvent les maisons pour soi.
Kairouan
Quatrième ville sainte de l’islam et plus ancienne ville musulmane d’Afrique du Nord. La Grande Mosquée est une forteresse nue vue du dehors et une forêt de colonnes au-dedans — la plupart remployées de bâtiments romains et byzantins, et cela se lit encore. Les visiteurs non musulmans entrent dans la cour, pas dans la salle de prière. Les bassins des Aghlabides, en bord de ville, sont des réservoirs du IXe siècle, circulaires, à ciel ouvert, encore en eau. Tenue couverte ici : c’est une ville religieuse qui vit, pas un monument.
Tozeur
Une ville-oasis dont le vieux quartier est bâti en briques saillantes — posées en relief sur le mur en motifs géométriques, si bien que les façades se lisent comme un tissu. La palmeraie derrière la ville est nourrie par les sources et travaillée, pas décorative ; la calèche est la façon habituelle d’en prendre la mesure. Tozeur est la base pour les oasis de montagne et les décors de cinéma, et la dernière vraie ville avant le lac salé.
Tozeur
Le décor de Star Wars construit pour La Menace fantôme et jamais démonté, planté dans les dunes près d’Ong Jemal. Dômes, embrasures et vaporisateurs d’humidité, patinés par vingt-cinq ans de sable et à moitié ensevelis — le désert le reprend lentement. On y va en 4x4 à travers le sable. Ong Jemal, le rocher en forme de chameau tout proche, est l’endroit où le lever du soleil vaut le réveil.
Tozeur
Une oasis de montagne au pied d’une crête nue, où une source sort d’une gorge étroite et tombe dans les palmiers. Le vieux village, abandonné après les crues de 1969, est resté debout : on monte à travers les maisons de pierre vides jusqu’à l’eau. Première des trois oasis de montagne et la plus facile d’accès ; la marche jusqu’aux cascades prend vingt minutes.
Tozeur
La plus grande des oasis de montagne, le vieux village abandonné d’un côté de l’oued, le nouveau de l’autre. La cascade coule toute l’année — dans ce paysage, c’est saisissant — et le canyon en contrebas est assez profond pour changer la température. Entre Chebika et Mides, sur la piste qui longe la frontière algérienne.
Tozeur
Une gorge aux parois verticales qui tombent du bord même du village, à la frontière algérienne. Le vieux village est posé sur la lèvre, largement vide ; on marche jusqu’au rebord et le sol s’arrête, simplement. Le lieu a été filmé plus d’une fois, et c’est la lumière de fin d’après-midi qui fait revenir.
Tozeur
Un lac salé grand comme un petit pays, traversé par une chaussée tirée droit au milieu. L’été il est sec et d’un blanc aveuglant ; après la pluie il garde une pellicule d’eau et reflète le ciel, et l’autre rive semble flotter. Les couleurs changent avec les minéraux — des roses et des rouilles par plaques, qui paraissent artificiels en photo et ne le sont pas. Arrêtez-vous, descendez, marchez un peu sur la croûte. C’est la demi-heure la plus étrange de tout circuit du sud.
Kébili
Là où le goudron s’arrête et où commence le Grand Erg Oriental — d’où son nom de porte du désert. Les dunes commencent au bord de la ville : on est sur le sable en quelques minutes, pas après une heure de route. Les chameaux sortent en fin d’après-midi, quand la lumière vaut quelque chose et que la chaleur est tombée. Le marché du jeudi est un vrai marché régional, pas un marché pour visiteurs.
Gabès
Les maisons sont creusées dans le sol plutôt que bâties dessus — une fosse centrale pour cour, des pièces taillées à l’horizontale dans ses parois, fraîches l’été, tièdes l’hiver. Certaines sont encore habitées. Le Sidi Driss, devenu hôtel, fut la ferme des Lars dans le premier Star Wars et en a gardé les décors. Le paysage en surface est nu et lunaire — c’est sans doute ce qui l’a recommandé.
Gabès
Un village de pierre déversé sur les deux flancs d’une gorge, dans la montagne au-dessus du plateau de Matmata, sur l’ancienne route entre les hauteurs et la mer. On y tisse encore : les couvertures accrochées aux murs sont faites sur place, pas importées pour l’arrêt. La raison de venir, c’est la route elle-même et la vue qui descend l’oued depuis le village, ouverte vers la plaine côtière.
Tataouine
La ville au centre du pays des ksour, entourée de greniers fortifiés dans les collines. C’est le nom que George Lucas a emprunté, même si les décors des films sont ailleurs. Utile comme base pour Chenini, Douiret et Ksar Ouled Soltane, tous à courte distance et dont aucun n’est desservi par un bus.
Tataouine
Une ville sous des falaises criblées d’habitations troglodytes, certaines encore occupées, et le lieu d’où viendrait la tradition tunisienne du fricassé. Elle est sur la route entre Tataouine et les villages de crête, donc on la traverse — mais les falaises au-dessus de la ville valent les dix minutes que coûte l’arrêt.
Tataouine
Un grenier fortifié de cellules voûtées empilées autour de cours, restauré par endroits et pas ailleurs. Il a servi de quartier des esclaves de Mos Espa dans La Menace fantôme, et l’équipe du film en a peint des parties — cela se voit encore. Même sans cela, c’est l’un des ksour les plus prenants, parce qu’on le traverse de part en part au lieu d’en faire le tour.
Tataouine
Un village berbère étagé le long d’une crête, des habitations troglodytes taillées dans la roche sous une mosquée blanche au sommet. Il est encore en partie habité. La montée est raide et vaut la peine ; d’en haut on regarde le ksar en ruine sur l’éperon d’en face. Des villages de crête autour de Tataouine, c’est celui qui montre le mieux comment fonctionnaient ces implantations défensives.
Tataouine
Un village berbère étiré le long d’une crête, presque abandonné quand ses habitants sont descendus dans la plaine, une mosquée blanche encore debout au sommet et des maisons creusées dans la roche en dessous. Plus raide et plus vide que Chenini, et plus silencieux pour cela. De la crête, on regarde des collines nues dans toutes les directions et l’on comprend pourquoi on a bâti si haut.
Tataouine
Le ksar le mieux conservé du sud : quatre étages de cellules à grain voûtées, empilées autour de deux cours, desservies par des escaliers pris dans les murs, sans rampe. Chaque cellule appartenait à une famille et abritait sa récolte — d’où cette allure de forteresse. Se tenir dans la cour basse et lever les yeux, c’est la photo que tout le monde fait, et elle vaut toujours d’être faite.
Mahdia
L’amphithéâtre est le troisième plus grand qui subsiste et la chose la plus complète que les Romains aient laissée en Afrique — de la place pour quelque trente-cinq mille personnes dans une ville qui en compte bien moins aujourd’hui. Ce qui justifie l’arrêt plutôt que la photo : on descend dans les galeries souterraines où attendaient bêtes et combattants, et l’on remonte dans l’arène par où ils montaient. Il est planté en pleine ville, alors il surgit sans prévenir au-dessus des toits.
Six couvrent le nord rapidement et le sud entièrement. Le circuit de huit jours consacre ces deux jours de plus à l’intérieur romain — Sbeitla, Kairouan, El Jem — plutôt qu’à davantage de désert.
6 jours / 5 nuits · chaque étape ci-dessus, dans cet ordre
Les 11 circuits, avec les prix →
Le six-jours, c’est le circuit sud de quatre jours précédé de deux journées au nord. Si vous avez déjà vu Carthage et Tunis, prenez le quatre-jours et gardez les deux journées.
Oui. Quatre des six se passent dans le sud — plus de temps de désert que n’en donne le circuit de huit jours.
Le troisième jour est le plus long, du nord jusqu’à Tozeur. Le reste fait deux à quatre heures, coupées d’arrêts.
Oui, à Ksar Ghilane. Elle se chiffre avec vos dates plutôt que d’être fondue dans le prix d’appel, pour que le chiffre affiché reste honnête pour ceux qui n’en veulent pas.
Les distances sont à vol d’oiseau, mesurées entre les coordonnées de notre carte des sites ; par la route elles sont plus longues. Les prix s’entendent par véhicule et sortent de la même base que les 34 circuits et les 1 392 tarifs de transfert.